Avec 42% des Français consommant régulièrement des podcasts natifs en 2024, le podcast natif s’installe dans les stratégies de communication. Contrairement aux replays radio ou au podcat corporate destiné à l’interne, le podcast natif est « un contenu créé exclusivement pour le numérique, pour le web » précise Sébastien Rousset, fondateur de la société SRCOM.
Loin d’un simple effet de mode, Le podcast natif répond à un besoin croissant de contenus incarnés, approfondis et durables. Lors d’un webinaire organisé par Com2Grenoble le 9 décembre 2025, Sébastien Rousset et Adrien Fertier (MONOECHO STUDIO) sont revenus sur les usages réels de ce type de podcast, ses apports concrets pour la communication, mais aussi sur les conditions à sa réussite.
Podcast et storytelling : une alliance naturelle
Si le storytelling est devenu un incontournable de la communication moderne, le podcast natif en représente l’incarnation la plus aboutie, c’est « l’essence même de ce levier » affirme Sébastien Rousset. Sans artifice visuel pour compenser, le contenu audio repose à 100% sur la force du récit et la qualité de l’histoire racontée. Cela oblige donc à une rigueur narrative qui valorise considérablement la marque et confère de la force au message.
Le podcast natif : un média du temps long
À contre-courant de la course à la brièveté qui caractérise la plupart des contenus digitaux, le podcast autorise des durées longues : de 10 à 40 minutes en moyenne. Cette temporalité étendue est un atout, car elle correspond à la réalité de l’expérience vécue. Les pauses, les silences, les temps de marche entre deux séquences : tout ce qui serait coupé au montage vidéo enrichit ici l’expérience immersive.
La majorité des podcasts téléchargés sont écoutés intégralement. Ce taux d’attention s’explique par les conditions d’écoute : dans les transports, en cuisinant, en faisant le ménage, en promenade ou en faisant du sport. L’auditeur engage volontairement du temps avec le contenu, créant une relation avec la marque.
Se positionner sur un média tel que le podcast natif signale une marque moderne, dans l’air du temps, capable de proposer du contenu de fond. Sébastien Rousset rappelle : « 74% des auditeurs affirment qu’un message publicitaire en début de podcast a changé leur perception du sujet est amené à se renseigner sur le service en question ».
Des formats qui s’adaptent tous les objectifs et tous les sujets
La richesse du podcast natif réside dans sa capacité à s’adapter à tous les sujets et tous les publics, à vulgariser même les sujets complexes grâce à une variété de formats :
- Le portrait : format intemporel centré sur un intervenant qui raconte son expertise
- Le reportage : ancré dans l’actualité, avec possibilité de micro-trottoirs
- La fiction documentaire : mélange de réel et d’imaginaire pour créer une expérience narrative unique
- La table ronde : format long (environ une heure) pour des échanges approfondis entre experts
Une production flexible et économique
Au préalable, un projet de podcast natif suppose :
- La définition de l’objectif, du thème et de la cible
- L’écriture du script et la scénarisation
- La création du jingle et de l’identité sonore
« Il faut définir qui va l’écouter, c’est-à-dire qui on veut toucher avec ce podcast », insiste Adrien Fertier. Le format et l’angle dépendent entièrement de cette réflexion préalable.
Contrairement aux idées reçues, la production d’un podcast peut s’avérer plus économique et flexible que la vidéo. Un enregistrement de deux demi-journées peut générer huit épisodes diffusés tout au long d’une année. L’absence de contraintes visuelles permet de travailler en studio tout en recréant des ambiances extérieures grâce au design sonore (post-production). Cette légèreté de production se traduit par un rapport coût-efficacité particulièrement avantageux.
L’exemple d’un podcast produit pour le Domaine de Vizille illustre cet aspect : huit épisodes ont été produits à partir d’enregistrements réalisés en une seule journée. « On a capté le contenu de ce que le jardinier avait à raconter donc lui s’est projeté mentalement dans le découpage », raconte Adrien Fertier. Grâce au travail de post-production et aux ambiances sonores ajoutées, chaque épisode a pu correspondre à une saison spécifique.
Un autre atout majeur : la mise à l’aise des intervenants. Beaucoup de personnes ayant des choses pertinentes à dire hésitent face à une caméra, alors que le micro leur permet de s’exprimer naturellement, sans l’intimidation du visuel.
Attention à la qualité audio !
Si une vidéo de qualité moyenne peut être visionnée, un contenu audio médiocre sera immédiatement abandonné. Cette exigence impose de faire appel un expertise technique en prise de son et mixage. Le travail commence dès la pré-production avec la conception du script et l’anticipation du montage. Le mixage et l’habillage sonore transforment la matière brute. « Il faut laisser du temps, avoir des pauses, des moments en suspens », précise Rousset. Ces respirations structurent le récit et maintiennent l’attention.
La médiatisation : indispensable !
Créer du contenu ne suffit pas. « Sans médiatisation, c’est comme faire des flyers et les laisser dans son carton », alerte Sébastien Rousset. Le budget de médiatisation doit être prévu dès la conception du projet et peut représenter un investissement équivalent à celui de la production. L’objectif de la médiatisation : faire connaître le contenu pour toucher sa cible.
Cette médiatisation mobilise tous les leviers habituels : campagnes sur les réseaux sociaux, affichage, QR codes sur supports print, intégration sur le site web. Les plateformes d’hébergement comme Ausha proposent des « smart links » qui dirigent automatiquement l’auditeur vers sa plateforme d’écoute habituelle (Spotify, Deezer, Apple Podcasts…), facilitant la diffusion. A noter que les plateformes d’hébergement offrent des statistiques détaillées : nombre d’écoutes, durée moyenne, plateformes utilisées, systèmes d’exploitation, zones géographiques. Ces données permettent d’affiner progressivement la stratégie de médiatisation et de comprendre quel contenu fonctionne le mieux avec l’audience.
La stratégie épisodique prend ici tout son sens : plutôt que de tout publier simultanément, la diffusion échelonnée crée des rendez-vous réguliers et multiplie les opportunités de communication. Chaque nouvel épisode devient un prétexte pour réactiver l’audience.
Conclusion
Le podcast natif ne remplace pas les autres leviers mais les complète. Dans une stratégie de communication globale, il occupe une place spécifique : celle du contenu de fond, qui engage l’auditeur dans la durée et crée un lien de confiance avec la marque.
Toutefois, « Le podcast natif n’est pas magique » a prévenu Sébastien Rousset. Son efficacité repose sur trois piliers : une production qualitative, une stratégie éditoriale cohérente, et surtout une bonne médiatisation. Utilisé correctement, il offre aux communicants un levier puissant pour raconter des histoires, créer du lien et toucher leurs cibles en profondeur.
→ Retrouvez le replay du webinaire ainsi que la présentation dans l’espace adhérent

