Sara Freitas : « Mon métier : traductrice et rédactrice en anglais »

Avr 21, 2021 | Portrait de Com'

Ce sont les membres d’un réseau professionnel qui font toute sa richesse. COM2 Grenoble ne fait pas exception, à la règle. C’est pourquoi, l’équipe a souhaité mettre en lumière nos adhérent(e)s, au travers de portraits rédactionnels ou de vidéos. (Re)découvrez, aujourd’hui, Sara Freitas, traductrice et rédactrice d’adaptations rédactionnelles en anglais.

Quelles sont les spécificités de tes prestations ?

Mon positionnement est particulier : je réalise, non pas de simples traductions, mais des adaptations en anglais des textes qui me sont confiés. Je suis notamment spécialisée dans le secteur du Marketing BtoB. Je rédige ainsi des contenus relatifs à des produits et à des solutions technologiques de marchés de niche.

A titre d’exemples, je collabore avec les trois instituts du CEA (dont le CEA-Leti à Grenoble), ainsi qu’avec des pôles de compétitivité comme Minalogic, Tenerrdis et Axelera. Je travaille aussi avec des entreprises technologiques telles que LYNRED et CORYS.

Ta formation initiale te prédisposait-elle à ton métier ?

Non, ma formation initiale ne me prédisposait pas à mon métier actuel. J’ai fait des études de sciences humaines et sociales, à l’université du New Hampshire. Je suis titulaire d’un mastère en linguistique. Comme c’est souvent le cas aux États-Unis, mes études étaient axées sur un enseignement généraliste. Charge aux professionnel(le)s d’apprendre ensuite leur métier, sur le terrain.

Quel fut ton parcours professionnel ?

J’ai un parcours professionnel atypique qui m’a menée des Etats-Unis, en France, en passant par la Turquie. Au début de ma carrière, j’ai été enseignante. Puis j’ai eu la chance de collaborer avec des agences de marketing et de communication « particulièrement pointues en BtB ». J’ai beaucoup appris en travaillant à leurs côtés.

Pourquoi t’es-tu spécialisée dans l’adaptation rédactionnelle en anglais ?

Cette démarche d’adaptation rédactionnelle en anglais est vraiment née d’un constat. Mes clients de Grenoble disaient ne pas obtenir de réponses appropriées à leurs besoins, en faisant appel à des agences de traduction classiques. Si les traductions leur semblaient fidèles aux écrits d’origine, elles ne sonnaient pas « justes » en anglais et laissaient un sentiment de « mot à mot ».

Il est vrai, que les entreprises technologiques grenobloises tendent à être de plus en plus pointues. Elles évoluent, d’emblée à l’international, sur des marchés de niche. De ce fait, elles ne communiquent (presque) plus en français.  Depuis 10 ans, je gère de plus en plus de projets de rédaction, directement en anglais. Si une version française existe, elle fait office de brief, mais ne sera jamais publiée. Je dirais que mon activité a vraiment suivi l’évolution des organisations grenobloises et leur fort besoin d’internationalisation en communication.

Un nouveau projet de rédaction en anglais t’est confié. Comment travailles-tu ?

À chaque nouveau projet de rédaction, je m’informe au préalable sur le public, le lectorat visé et sur la localisation géographique. J’identifie les objectifs de marketing et de communication et dialogue amplement avec mes donneurs d’ordre.  

Forte de ces informations, je peux leur proposer un certain nombre d’adaptations, le cas échéant. Un exemple classique : l’écosystème d’innovation à Grenoble procure un important soutien aux entreprises. Il s’agit souvent de financement public direct ou indirect, via des labélisations ou des appels à projets. La version française d’un document d’entreprise mentionnera, de façon (quasi) obligatoire, cette aide d’État ainsi que tous les partenaires du projet. De fait, le parcours de sélection et le choix d’une organisation par les Pouvoirs Publics en France sont gages de sérieux.

Cependant, cela n’aurait aucun sens, en langue anglaise. Dans le monde anglo-saxon, l’accent sera davantage mis sur les valeurs scientifiques et technologiques de l’entreprise ainsi que la pertinence de leur offre aux besoins du marché.

Suivant le pays, les objectifs et les messages de marketing et de communication sont différents. Au détour d’une phrase ou d’un paragraphe identique se cachent d’importantes différences culturelles.

Peux-tu citer l’un de tes plus beaux projets ?

Oui, le rapport scientifique du CEA-Leti, dont je suis chargée depuis 2 ans. Il s’agit d’un document stratégique adressé aux partenaires académiques ou industriels, présents ou potentiels du laboratoire. C’est aussi l’occasion de valoriser les Doctorant(e)s et les jeunes Chercheurs/Chercheuses et d’attirer de nouveaux talents.

Du fait de sa densité – une centaine de pages – sa rédaction constitue un travail de longue haleine. J’y consacre, en général, trois mois de l’année. Je réalise nombre d’interviews, rédige une soixantaine d’articles et administre des questionnaires. Tous les sujets traités sont réellement à la pointe de la technologie. Je suis extrêmement fière de ce projet, qui constitue un véritable défi pour moi.

Un autre projet ?

Dans un esprit davantage publicitaire, j’ai aussi travaillé à l’habillage de la chaine vidéo d’une société de gestion financière. Concrètement, il s’agissait d’harmoniser l’ensemble des vidéos de l’entreprise sur son site web.

Après avoir identifié les thèmes abordés, j’ai créé et nommé les différentes catégories de films en ligne. J’ai travaillé à la création d’un champ lexical et rédigé des accroches et messages-clés, par thématique. C’était un projet un peu plus fun, même si je devais composer avec les contraintes du monde de la finance.

Pourquoi as-tu rejoint Com2Grenoble ?

Toujours à l’affût des dernières bonnes pratiques, je m’informe et me forme continuellement. J’assiste à de nombreux événements et tiens aussi à connaître les problématiques de communication des organisations.

C’est pourquoi, les interactions entre adhérent(e)s me sont précieuses. Elles me permettent d’entrer « dans les coulisses » des entreprises, d’analyser et d’adapter la pertinence de mes prestations.

Adhérer à Com2Grenoble, me permet, en outre, de retrouver nombre de mes client(e)s, responsables de communication et d’échanger avec d’autres professionnel(le)s.

Envisages-tu de rejoindre une commission du club ?

Oui, j’aimerais m’impliquer dans la commission formation du Club, afin de partager mon expérience de rédactrice.

J’ai d’ailleurs publié un livret « incollable à l’écrit », très apprécié de mes clients. Il récapitule les pièges à éviter en orthographe, ponctuation ou typographie, en calquant le français à l’anglais ou inversement. Je le propose volontiers aux lecteurs/lectrices de cet article. Une communication maîtrisée, à la hauteur de l’image de notre entreprise, c’est notre objectif à tous et à toutes !

Propos recueillis par Hélène Champetier-Gusellahttp://hcg-communication.fr
Photo : Edyta Tolwinska
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